Décrivez les faits que vous voulez dénoncer. À l'étape suivante, une intelligence artificielle vous posera quelques questions pour préciser votre récit, puis vous en proposera une reformulation factuelle telle qu'un magistrat la lirait.
Un magistrat, un procureur, un policier — quand ils lisent une plainte, ils ne jugent pas une histoire ni des émotions, même si celles-ci sont réelles et compréhensibles. Ils cherchent des faits datés, prouvables, qui correspondent à une infraction de la loi. Plus votre récit est factuel, mieux votre affaire sera traitée. Vos émotions restent légitimes, mais ce sont vos faits qui font la plainte.
La majorité des plaintes classées sans suite le sont parce qu'elles sont trop floues, trop émotionnelles, ou trop peu documentées. Pour maximiser vos chances qu'une enquête soit ouverte :
Selon les publications du Ministère de la Justice, environ 500 000 plaintes sont traitées chaque année sur près de 1 500 000 déposées — soit environ 80 % de plaintes classées sans suite au global, avec de fortes variations selon la nature des infractions.
Toutes les preuves ne se valent pas devant un magistrat. Voici celles que la justice française reconnaît comme les plus solides pour établir des violences conjugales, dans l'ordre approximatif de leur poids probatoire.
D'après le guide des preuves reconnues par la justice française — safewife.fr
Le Ministère de la Justice a publié le 6 mars 2026 une circulaire sur la mobilisation contre les violences intrafamiliales. Elle change la manière dont les parquets doivent examiner ces dossiers — et savoir ce qu'elle leur demande vous aide à préparer une plainte qui coche les bonnes cases.
Une plainte qui décrit le cycle global des violences — physiques, psychologiques, économiques, contrôle du quotidien — sera mieux entendue qu'une plainte qui isole un fait unique. N'hésitez pas à mentionner le contexte de domination, l'isolement, les répétitions, l'impact sur les enfants s'il y en a. Et si un dispositif comme le Téléphone Grave Danger peut vous concerner, demandez-le explicitement dans vos demandes.
D'après l'analyse de la circulaire du 6 mars 2026 sur village-justice.com
Cet exemple illustre les critères qui augmentent les chances de rétention : faits datés et numérotés, chaque fait relié à une pièce numérotée, attestation témoin au bon format, certificat médical avec mention explicite du lien avec les violences, préjudices ventilés en catégories, demandes précises dont le Téléphone Grave Danger, et mention de la constitution de partie civile qui préserve la suite procédurale.
Racontez ce que vous avez vécu, dans l'ordre chronologique, sans nom propre. Pour chaque fait, indiquez la preuve dont vous disposez ou celle qui reste à obtenir : SMS, mail, capture d'écran, témoin direct, certificat médical, vidéo, enregistrement audio, main courante, constat d'huissier, facture… Vous pourrez tout modifier à l'étape suivante si besoin.
Facultatif mais utile. Distinguez si possible les préjudices physiques (blessures, séquelles, arrêt de travail), psychologiques (dépression, anxiété, suivi thérapeutique), financiers (perte de revenus, frais engagés) et matériels (biens dégradés, volés). Pour chacun, précisez la preuve dont vous disposez (certificat médical, arrêt de travail, factures, bulletins de salaire, expertise, photographies datées…) ou celle qui reste à obtenir.