QUITTER CE SITE
← Retour
Accueil
Urgences
Domaine
4
Diagnostic
5
Récit
6
Structuration
7
Sortie
8
Suite

Où en êtes-vous ?

Choisissez la ligne qui correspond à votre situation : chacune ouvre un chemin différent.

Dix jours — et ils courent depuis le prononcé, pas depuis le courrier

L'article 498 du code de procédure pénale est net : « l'appel est interjeté dans le délai de dix jours à compter du prononcé du jugement contradictoire ».

C'est là que la plupart des gens perdent leur droit d'appel. Ils attendent de recevoir le jugement par courrier. Mais si vous étiez à l'audience et qu'on vous a indiqué la date à laquelle le jugement serait rendu, les dix jours ont commencé à courir ce jour-là — même si vous n'étiez pas présente au prononcé, et même si vous n'avez encore rien reçu.

Le délai ne repart de la signification du jugement que dans des cas précis : notamment lorsque vous n'étiez ni présente ni représentée à l'audience du prononcé et que ni vous ni votre représentant n'aviez été informés du jour où le jugement serait rendu. Et si le jugement a été rendu par défaut, l'article 499 fait courir le délai à compter de la signification, quel qu'en soit le mode.

Dans le doute, comptez depuis le prononcé. Se tromper dans ce sens ne coûte rien ; se tromper dans l'autre ferme la porte définitivement.

Ce que vous pouvez contester dépend de votre place au procès

C'est le point le plus mal connu, et il évite une déception amère. L'article 497 du code de procédure pénale répartit ainsi la faculté d'appeler :

« La faculté d'appeler appartient : 1° Au prévenu ; 2° A la personne civilement responsable quant aux intérêts civils seulement ; 3° A la partie civile, quant à ses intérêts civils seulement ; 4° Au procureur de la République ; 5° Aux administrations publiques, dans les cas où celles-ci exercent l'action publique ; 6° Au procureur général près la cour d'appel. »

Si vous étiez partie civile, votre appel ne porte que sur vos intérêts civils — la réparation de votre préjudice. Vous ne pouvez pas, par votre seul appel, faire rejuger la culpabilité ni la peine. Une relaxe que vous trouvez injuste ne se conteste pas ainsi.

Mais une porte reste ouverte, et elle se ferme aussi vite. Le procureur de la République, lui, peut faire appel de la décision sur l'action publique — et il dispose du même délai que vous. Si vous voulez que la culpabilité soit réexaminée, écrivez-lui immédiatement, sans attendre : exposez en quelques lignes pourquoi la décision vous paraît mal fondée, et demandez-lui de faire appel. Adressez le courrier au procureur près le tribunal qui a jugé, avec les références du dossier et la date du jugement. Rien ne l'y oblige, mais il ne le fera certainement pas s'il ne le sait pas.

Ce qu'il faut faire dans les heures qui viennent

1. Datez. Relevez la date du prononcé du jugement, et celle où il vous a été signifié si c'est déjà fait. Gardez l'enveloppe ou l'accusé de réception.

2. Appelez le greffe du tribunal qui a rendu la décision : il vous dira sous quelle forme se fait la déclaration d'appel et jusqu'à quelle date exacte. C'est son rôle, et c'est gratuit.

3. Si vous voulez l'appel sur la culpabilité, écrivez au procureur le jour même — voir ci-dessus.

4. L'aide juridictionnelle existe pour l'appel comme pour la première instance, si vos ressources le permettent. Le dossier se retire au tribunal et se dépose sans avocat. Déposez-le sans attendre : son instruction prend du temps, le délai d'appel non.

5. Relevez vos griefs dans la décision elle-même. Un appel se gagne sur ce que le document contient, pas sur le sentiment qu'il laisse. Sept vérifications s'y font au crayon — dont la première ne demande que de compter : les textes de loi que le dispositif applique, ouverts un par un, et chacun de leurs éléments cherché dans les motifs.

Lire la décision, et relever ce qui s'y trouve

Le module d'aide à la rédaction viendra ensuite : il part des griefs relevés sur cette page-là.

La Cour de cassation ne rejuge pas votre affaire

C'est le malentendu le plus fréquent, et il coûte cher. La Cour de cassation ne réexamine ni les faits, ni les preuves, ni les témoignages. L'article 567 du code de procédure pénale ouvre le pourvoi « en cas de violation de la loi », au ministère public et à « la partie à laquelle il est fait grief ». Le recours est porté devant la chambre criminelle.

Un pourvoi qui dit « les juges se sont trompés sur ce qui s'est passé » ne peut donc pas prospérer, quelle que soit la force de la démonstration. Il se construit sur des moyens de droit : une règle mal appliquée, une motivation absente ou contradictoire, une procédure irrégulière.

Et un pourvoi sans moyen sérieux n'est même pas examiné. Une formation de trois magistrats peut déclarer non admis les pourvois irrecevables ou non fondés sur un moyen sérieux de cassation. Ce n'est pas une voie où l'on tente sa chance.

Dix jours francs, depuis le prononcé

L'article 568 du code de procédure pénale donne au ministère public et à toutes les parties « dix jours francs après celui où la décision attaquée a été prononcée » pour se pourvoir.

Comme pour l'appel, le délai ne part de la signification que dans des cas précis — notamment si vous n'étiez ni présente ni représentée à l'audience du prononcé et que vous n'aviez pas été informée de sa date. Dans le doute, comptez depuis le prononcé, et faites confirmer la date exacte par le greffe de la cour d'appel.

La déclaration de pourvoi et le mémoire qui expose les moyens sont deux choses distinctes, soumises à leurs propres règles. Le greffe vous indiquera la marche à suivre.

Ce module est en cours de développement et sera disponible prochainement.

La Cour européenne juge l'État, pas votre adversaire

Il faut le dire avant tout le reste, parce que beaucoup l'ignorent et y perdent des mois. La Cour européenne des droits de l'homme ne rejuge pas votre affaire et n'annule aucune décision française. Elle examine si la France a violé un droit garanti par la Convention — le droit à un procès équitable, par exemple. Votre adversaire n'y est pas partie : c'est l'État qui est mis en cause, et lui seul.

Ce qu'une décision favorable peut apporter : un constat de violation, parfois une satisfaction équitable, et l'ouverture — dans certains cas seulement — d'un réexamen en France. Ce qu'elle n'apporte pas : la condamnation de la personne que vous aviez mise en cause.

Quatre mois, et seul un formulaire complet les interrompt

L'article 35 § 1 de la Convention dispose que la Cour « ne peut être saisie qu'après l'épuisement des voies de recours internes […] et dans un délai de quatre mois à partir de la date de la décision interne définitive ».

Le piège n'est pas le délai, c'est ce qui l'interrompt. Une lettre annonçant votre intention de saisir la Cour ne suffit pas : seul l'envoi d'un formulaire de requête complet arrête le compte à rebours. Le formulaire officiel se trouve sur le site de la Cour, et il demande du temps à remplir. Ne le commencez pas le dernier mois.

La Cour calcule ce délai de date à date, et il ne bouge pas : le fait que le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ne le prolonge pas.

Épuiser les recours internes — et les avoir exercés dans les règles

Il faut avoir utilisé, en France, tous les recours susceptibles de réparer la situation dont vous vous plaignez : l'action devant la juridiction compétente, puis l'appel, puis le recours devant la juridiction supérieure.

Et c'est ici que les délais français reviennent vous chercher. Si les tribunaux n'ont pas pu examiner votre affaire parce que vous les avez saisis hors délai, votre requête à Strasbourg peut être déclarée irrecevable. Un appel formé le onzième jour ne ferme pas seulement l'appel : il peut fermer la Cour européenne avec lui. C'est une raison de plus de compter les dix jours depuis le prononcé.

Et il faut avoir dit, en France, ce dont vous vous plaindrez à Strasbourg. Vous devez avoir soulevé devant les juridictions internes au moins le contenu des violations que vous invoquerez ensuite. Un grief découvert après coup est très difficile à porter. Si vous estimez aujourd'hui qu'un droit est méconnu dans votre affaire, la chose utile est de l'écrire maintenant — dans vos conclusions, dans vos courriers — et d'en garder la trace datée.

Ce qui fait rejeter une requête sans l'examiner

Le ton. Une requête rédigée en termes injurieux peut être déclarée abusive, et donc irrecevable. Après des années de procédure, la colère est compréhensible ; elle n'a pas sa place dans le formulaire. Exposez les faits, datez-les, appuyez-les — et laissez la Cour conclure.

Le silence sur ce qui change. Vous devez informer la Cour de tout développement important de votre affaire, y compris une décision rendue en votre faveur. Ne pas le faire peut rendre la requête abusive. Il en va de même si vous vous présentez sous une fausse identité, si vous produisez des documents falsifiés, ou si vous violez la confidentialité de négociations en vue d'un règlement amiable.

La répétition. Une requête portant sur les mêmes faits et les mêmes griefs qu'une requête déjà examinée par la Cour est irrecevable — de même si l'affaire a déjà été soumise à une autre instance internationale, comme le Comité des droits de l'homme des Nations unies.

Ce module est en cours de développement et sera disponible prochainement.

Vous hésitez entre deux lignes ? Prenez celle qui décrit où vous en êtes aujourd'hui, pas celle où vous voulez aller. Vous pourrez revenir sur cette page à tout moment : rien n'est engagé par un clic.